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Endométriose : comment une maladie m’a sortie de ma vie bien rangée

Femme marchant en ville — témoignage endométriose et création de LITHA

Ce texte raconte comment un diagnostic d’endométriose m’a amenée à tout remettre en question — et à créer LITHA. Si tu vis avec une maladie chronique, tu vas te reconnaître. Ou te sentir moins seule.

La vie d’avant

Je m’appelle Maud. 46 ans, fan de punk rock, tatouée jusqu’au cœur, et survivante des open spaces et des comités stratégiques.

Pendant plus de vingt ans, j’ai couru après des deadlines dans la communication. Responsable de marque, direction artistique, gros projets, grosses pressions, le tout à 300 à l’heure. J’aimais mon travail. Vraiment. Mais mon corps, lui, tirait la sonnette d’alarme depuis des années.

Douleurs. Épuisement. Règles de l’enfer. Je minimisais, je compensais, je continuais. Comme on fait. Comme on nous apprend à faire.

Puis un jour, une IRM. Et le verdict tombe : endométriose.

Le « c’est la vie » qui a tout changé

Je vais voir ma gynéco, prête à poser plein de questions. Elle lève à peine les yeux. Elle me tend une ordonnance — pilule, doliprane — avec, en guise d’explication, cette phrase que je n’oublierai jamais :

« C’est la vie. »

Je suis sortie du cabinet avec un mélange de rage froide, de cœur qui tape et de cerveau qui hurlait « sérieusement ?! »

J’ai même pensé à une hystérectomie. Comme ça, on n’en parle plus. Spoiler : si, on en parle quand même après.

Mais avant de m’auto-opérer avec Google, quelque chose s’est passé. J’ai décidé de chercher autrement.

Chercher autrement

J’ai commencé par ce qui me semblait le plus accessible : l’alimentation anti-inflammatoire. Efficace — vraiment efficace sur moi. Mais contraignante. Très contraignante. J’ai appris à composer avec, sans me mettre la pression d’une perfection que je ne tiendrais pas sur la durée. Le saucisson a ses droits.

Puis le yoga. Et là, c’est différent. Ce n’est pas juste « ça aide » — j’adore en faire. Le yoga m’a redonné quelque chose que je n’avais pas réalisé avoir perdu : une relation au temps. Pas le temps des deadlines et des réunions. Le temps du corps. Celui qui ne se négocie pas.

Comme tout le monde dans cette situation, j’ai voulu tout essayer. La réflexologie, les massages rebozo, les bols tibétains. Je n’ai pas dérogé à la règle de la femme qui cherche désespérément à aller mieux. Mais ce que j’ai appris au fil du temps, c’est surtout ça : l’écoute. Mon écoute. Celle du corps qui parle quand on accepte enfin de l’entendre. Et le temps — ce temps qu’on ne peut pas compresser, qu’on ne peut pas optimiser, qui avance à son rythme quoi qu’on fasse.

Ce que les confinements ont révélé

Et puis il y a eu les confinements.

Ce que beaucoup vivaient comme une contrainte pure, je le vivais aussi comme une révélation inattendue. Plus de temps de transport. Une gestion du temps qui m’appartenait enfin. La preuve, concrète et quotidienne, qu’une autre façon de travailler était possible.

Dans ce silence forcé, quelque chose s’est clarifié lentement. Pas une illumination. Plutôt une évidence qui s’installe, comme une phrase qu’on finit par entendre après l’avoir lue dix fois sans la voir.

L’envie d’aider les femmes comme moi. Celles qui encaissent, qui minimisent, qui gèrent leur maladie entre deux réunions et trois rendez-vous médicaux qui ne se parlent pas. Celles à qui on a dit « c’est la vie » et qui ont quand même continué à chercher, seules, dans le flou.

Je savais ce dont j’avais eu besoin et que je n’avais pas trouvé. Un cadre. Quelqu’un qui fasse le lien entre le corps, les décisions et le parcours de soins. Pas un médecin de plus. Pas un atelier bien-être ponctuel. Un accompagnement réel, structuré, humain.

Se former pour créer

J’ai tout envoyé valser. Sauf ma tribu : mon compagnon, nos trois filles et notre chien.

Mais avant la décision officielle, il y a eu une conversation. Plusieurs, en fait.

Une collègue. Sa fille venait d’être diagnostiquée endométriose. Elle cherchait des réponses, des pistes, n’importe quoi pour l’aider. Elle me posait des questions, je répondais. Des adresses de praticiens, des positions de yoga qui soulagent, des explications sur ce que j’avais compris de la maladie en la vivant de l’intérieur.

Et des mails. Des mails longs. Très longs. Structurés, détaillés, avec des sources et des recommandations ciblées. Je ne sais pas faire autrement — c’est probablement mon ancien métier qui parle. Quand j’explique quelque chose, j’organise, je hiérarchise, je veux que ce soit vraiment utile et pas juste rassurant.

On a échangé comme ça pendant un moment. Et puis un jour, quelque chose a cliqué dans ma tête. Je lui ai posé la question directement, un peu à brûle-pourpoint : « Dis-moi — est-ce que tu aurais payé pour avoir cette aide ? »

Sa réponse est arrivée sans hésitation : « Mais oui, carrément. »

Ce qui m’a frappée, c’est pas juste le « oui ». C’est de qui ça venait. Une famille qui n’a pas l’habitude de dépenser sans compter pour ce genre de choses. Et cette réponse-là, venant de là, a tout changé.

Ce n’était plus une intuition vague. C’était une validation concrète. Ce que je donnais naturellement, par réflexe, par instinct de transmission — ça avait une valeur réelle pour quelqu’un qui en avait vraiment besoin.

C’est là que j’ai décidé de me former. Pas pour ajouter une ligne à un CV. Pour construire ce que je voulais créer.

La formation en podo-réflexologie d’abord, à l’École de Podo-Réflexologie de Paris. Puis la relation d’aide. Les massages rebozo, les soins sonores. Chaque formation nourrissait à la fois ma propre santé et la vision de ce que je voulais proposer.

Ce n’était pas un parcours linéaire. C’était un assemblage progressif, pièce par pièce, de ce qui allait devenir LITHA.

LITHA n’est pas né d’une idée de marché. Il est né d’un manque vécu de l’intérieur. Et d’une conviction : ce que j’avais traversé pouvait servir à d’autres femmes — à condition d’en faire quelque chose de solide, d’éthique, et de vraiment utile.

Pas une promesse de guérison. Pas un programme miracle. Un cadre structuré, complémentaire au suivi médical, pour aider les femmes à reprendre du pouvoir sur leur parcours de soins sans s’épuiser davantage.

Ce que je retiens

On ne choisit pas de tomber malade.

Mais on peut choisir ce qu’on en fait.

Pas en mode « la maladie est un cadeau » — parce que non, l’endométriose n’est pas un cadeau. C’est une maladie chronique qui épuise le corps, le mental et les relations. Mais dans le sens plus simple et plus honnête : à un moment, j’ai arrêté de subir et j’ai commencé à construire.

Ce n’est pas une transformation spectaculaire. C’est une série de petits choix, de petites écoutes, de petits réajustements. Beaucoup de yoga. Quelques concerts. Et des bières entre potes, parce que la santé globale, ça inclut aussi ça.

Ce que j’aurais voulu trouver quand j’ai reçu ce diagnostic, c’est ce que j’essaie d’offrir aujourd’hui avec LITHA : un espace où on ne te dit pas « c’est la vie ». Un espace où on t’aide à construire la tienne.

Si tu te reconnais dans ce récit, ou si tu accompagnes quelqu’un qui vit avec l’endométriose, un premier échange peut suffire à clarifier où tu en es et ce dont tu as besoin.

Découvre mon approche complète et ce qui fonde ma pratique aujourd’hui.« 

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